29 juin 2010

Le foot du roitelet

foot.jpgLa débâcle, le désastre, la défaite, autant de fortes épithètes empruntées au vocabulaire de la guerre pour décrire la déconvenue de l'équipe d'errance de football (cf. notre chronique du 7 juin 2010 sur ce site) qui est récemment revenue bredouille du Mondial d'Afrique du Sud. Triste, peut-être, pour les supporters, mais, somme toute, tristement banal pour ce qui ne demeure qu'un jeu.

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23 juin 2010

Démagogie et poudre aux yeux : le petit Nicolas et la garden-party

249227-nicolas-sarkozy-et-carla-bruni-lors-de-637x0-4.jpgNotre président a le sens du « coup médiatique ». On ne peut pas lui enlever cette qualité. D’autant qu’il n’en pas beaucoup d’autres. En tant que chef d’état tout du moins. Pour le reste, nous attendrons le livre de souvenirs de Carla pour savoir… Nicolas Sarkozy a donc décidé de supprimer la traditionnelle « garden-party » du 14 juillet pour « donner l’exemple » de la rigueur, des nécessaires économies à réaliser et du « serrage de ceinture » qui risque d’être la mode vestimentaire de la prochaine décennie. Mais de qui se moque-t-il ? De tout le monde semble-t-il, et il aurait grand tort de se gêner puisque ça marche, de nombreux observateurs saluant le « geste symbolique » de l’économe président.


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22 juin 2010

Villepin : l’homme du Château si peu brillant

villepin.jpgDominique de Villepin est, tout à la fois, un mirage, un clone et une imposture.
Un mirage, tout d’abord, celui du gaullisme, très en vogue en ces temps commémoratifs du héron de la France libre. Villepin endosse, après d’autres, le costume rapiécé d’un gaullisme d’apparat, ce qui ne lui coûte rien et pourrait même, pense-t-il, lui rapporter des voix. Il est vrai, qu’à l’instar de De Gaulle, « de » Villepin a fait son entrée en politique sans avoir été aucunement oint par le Saint Chrême du suffrage universel. Avec la particule, les analogies s’arrêtent là, encore que l’on puisse peut-être admettre que, suivant son illustre modèle qui, de Londres, poursuivit, Pétain de sa vindicte haineuse, Villepin qui a aussi son ennemi juré, se positionne sur un créneau résolument anti-sarkozyste. Mais Villepin n’est pas De Gaulle. Tout au plus l’imitation de son ombre, pour le plus grand bonheur des caricaturistes de presse. Si le second avait les œuvres de Chateaubriand pour livres de chevet, le premier s’identifie ridiculement à lui en en pastichant le style, quand il ne singe pas de Nerval en adoptant une gravité comique. De là, des envolées lyriques enfiévrées et une écriture aussi improvisée que boursouflée, mêlant indifféremment et étrangement néo-classicisme et pompier baroque. Alors que la pensée du général De Gaulle était le fruit mûri d’un syncrétisme politique (Barrès, Péguy, Maurras, Michelet, Bainville), celle de Villepin puise dans ce que le journaliste Maurice Szafran dénommait un bonapartisme chiraquisé.

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17 juin 2010

une fois de plus l'UMP a osé ...

 

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Bon et mauvais esclavage

A l’occasion de la coupe du monde de football, certains médias qui se plaisent à s’affirmer (et se croient même parfois…) non-conformistes semblent découvrir avec scandale et stupéfaction les horreurs de la véritable traite négrière que représente l’exploitation par le foot-buisness des jeunes africains doués pour le ballon rond. On pourra s’étonner de leur cécité prolongée, ces pratiques néo-esclavagistes qui rapportent des millions d’euros à des hommes d’affaires sans scrupules rebaptisés « agents »  existant depuis de fort nombreuses années. Mais ne faisons pas la fine bouche, mieux vaut tard que jamais comme l’on dit !

Plus étrange et plus inquiétant est le caractère extrêmement partiel de ce recouvrement de la vue.

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15 juin 2010

Le franc ou la rigueur ? Quand le pire est devant nous

La déflation n'est, en soi pas mauvaise, si et seulement si, elle est conduite à l'intérieur des frontières d'un Etat et sur une très courte durée, ce, afin de ne pas faire plonger déraisonnablement l’économie dans la récession. Cela suppose, dès lors, que ce même Etat conserve, d'une manière générale, la maîtrise de ses politiques et en particulier de sa politique budgétaire et fiscale. Le plan Laval des années 1930 (de même que le plan Brunning en Allemagne ou celui de Ramsey Mac Donald en Grande-Bretagne), s'il fut clairement déflationniste, s'adossait à la monnaie nationale (le franc), sur laquelle l'Etat possédait une emprise totale. A l'inverse, le Front populaire recourut au keynésianisme ce qu’il n’eut pu faire si sa monnaie lui avait échappé. Aujourd’hui, la France, ou ce qu’il en reste, est contrainte, à l’unisson des autres pays de la zone euro (Espagne, Italie, Angleterre, Allemagne), en réaction, d’ailleurs, à la l’endémie toxique de la crise grecque, de se livrer à une politique de rigueur, la seule qui lui reste pour tenter de sauver le bateau de la noyade. Sa fameuse RGPP ou « révision générale des politiques publiques » dont l’un des objectifs annoncés par le gouvernement est de revenir à l’équilibre budgétaire, d’ici à 2012 (on se demande pourquoi la Cour des comptes, dans son rapport sur les comptes de l’Etat pour 2009, vient de déclarer que ceux-ci sont « réguliers et sincères »), constitue le levier principal de cette politique conjoncturelle.

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11 juin 2010

Nostalgies révolutionnaires

Du parasitisme social. Grâce à quelques journalistes exerçant encore proprement leur métier, nous autres galériens du chaos qu’ils ont crée pour nous, avons parfois des nouvelles de ceux d’en haut, édifiantes. Appartements de fonction pour loger sa famille, HLM volés aux pauvres, prébendes diverses pour servir les copains ou réfréner une ambition concurrente, le fonctionnement de l’Etat transpire de plus en plus le désir ardent de servir la communauté, comme on le voit. Le cas de Christine Boutin est emblématique. Quatre collaborateurs, un secrétariat à disposition, une voiture avec chauffeur et 9500 euros par mois pour un rapport sur les conséquences sociales de la mondialisation écrit par une dinde de bénitier ne lisant pas l’anglais ; même en Afrique, ils n’oseraient pas.  Le plus exquis, c’est que madame la députée touche sa retraite par-dessus le marché. Et quelle retraite ! 6000 euros d’ex parlementaire (ya bon régime spécial), plus 2000 euros d’ex conseillère générale des Yvelines. Total : 17 500 euros de revenus mensuels. La République est généreuse. Ou dit autrement : les Français sont vraiment des cons. Il fallait la voir ramer l’autre soir, la main encore dégoulinante de confiture, sur Canal +, face à un Jean-Michel Apathie remonté. On aurait dit une aristocrate arrogante et outrée, vers 1788. Les Français d’alors n’ont pas eu raison sur tout, loin de là, mais reconnaissons-leur quand même une certaine efficacité dans le traitement du parasitisme social. Et tout cela en conservant les vieilles manières françaises. Avec les compliments du docteur Guillotin, chère madame.

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11:05 Publié dans la semaine de Julien Jauffret | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |

07 juin 2010

Bleus, Blacks, Fric

Le 11 juin prochain sera l’ouverture de la dix-neuvième Coupe du Monde de football dans une grande communion collective devant le Dieu du ballon rond. Ces jeux du cirque des temps modernes verront s’affronter trente et une nations, de l’argentine à l’Angleterre, en passant par le Japon et le Portugal. Et la France ? C’est bien là le problème, car si notre pays fait bien parti des équipes sélectionnées (in extremis, en dépit d’une main malheureuse), qui peut dire que c’est bien l’équipe de France qui représentera cette dernière ? Les maillots de chaque joueur seront certes là pour nous rappeler les couleurs du pays compétiteur. Mais pour le reste, on doutera de la sincérité des liens d’allégeance de nos footballeurs avec la France. A l’occasion d’une émission sur BFM TV, Marine Le Pen, vice-présidente du Front national, confessait ne pas se reconnaître dans cette équipe, dont les membres, outre, pour certains, leur refus de chanter la Marseillaise, « considèrent qu’un coup, ils sont représentants de la France quand ils sont à la Coupe du Monde, un autre coup, ils se considèrent comme appartenant  à une autre nation ou ayant une autre nationalité ».

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03 juin 2010

La guerre qui lasse

Ça y est, c’est reparti. Depuis l’arraisonnement de la « flottille humanitaire » par Tsahal, c’est l’effervescence dans les banlieues. Mohamed et sa bande de copains, qui sur une carte situeraient probablement Gaza au milieu de l’Amazonie, ressortent leur keffieh et leurs petits cailloux. Les Juifs institutionnels français, eux, se scandalisent d’un tel soutien grégaire des banlieues musulmanes à la Palestine, ce qui ne les empêcheraient pas de trouver un argument solide pour défendre le petit pays chéri si celui-ci balançait une bombe atomique sur Ramallah. Avoir une opinion sur le conflit israélo-palestinien, en tant que Français, devient de plus en plus compliqué, les positions respectives étant tellement communautarisées qu’elles en deviennent illisibles. Et puis n’oublions pas que nous sommes tous nés avec ce conflit et que nous mourrons tous avec lui. Il y a un moment où tout lasse, même les pires saloperies. L’autre soir à Roissy, il y avait deux camps qui attendaient le retour des « humanitaires français » de la flottille. L’un criait « Israël vaincra ! » L’autre « Dieu est grand ! ». Tout ça est très joli. Mais que faire lorsque on ne pense pas que Dieu soit forcément grand et que l’on n’est pas absolument convaincu qu’Israël vaincra ? On compte les points ? Chiche. Mais faisons un vrai match alors, du genre biblique, pas un truc de fiottes qui se provoquent par-dessus l’épaule des CRS. Déposons tout ce beau monde dans un désert, délimitons deux camps bien nets et distribuons les grenades. Il paraît qu’on est trop nombreux sur la planète.

Julien Jauffret

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01 juin 2010

Le Duce sous Berlusconi?

Ce jeudi 27 mai, nos bonnes consciences amollies se sont effrayées des récents propos du président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, lequel, débonnaire et décontracté, a déclaré, en plein sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qu'il lisait « celui qui était considéré comme un dictateur, un grand et puissant dictateur, Benito Mussolini ». Il cita, pour l'occasion, devant une salle pétrifiée et quelque peu gênée aux entournure, une phrase qu'il avait extraite du journal du Duce, à l'évidence, son livre de chevet du moment: « Ils disent que j'ai le pouvoir. Ce n'est pas vrai. Peut-être est-ce le cas des responsables de mon parti. Mais ce n'est pas vrai pour moi. Tout ce que je peux faire, c'est dire à mon cheval d'avancer vers la droite ou vers la gauche. Et de cela, je dois me contenter ». Berlusconi voulait illustrer par ce propos (avec une  mauvaise foi jouissive et dans l'intention assumée et gourmande de choquer) l'impuissance à laquelle il était soumis, tant par la Constitution italienne que par l'Europe bruxelloise.

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