22 juin 2010

Villepin : l’homme du Château si peu brillant

villepin.jpgDominique de Villepin est, tout à la fois, un mirage, un clone et une imposture.
Un mirage, tout d’abord, celui du gaullisme, très en vogue en ces temps commémoratifs du héron de la France libre. Villepin endosse, après d’autres, le costume rapiécé d’un gaullisme d’apparat, ce qui ne lui coûte rien et pourrait même, pense-t-il, lui rapporter des voix. Il est vrai, qu’à l’instar de De Gaulle, « de » Villepin a fait son entrée en politique sans avoir été aucunement oint par le Saint Chrême du suffrage universel. Avec la particule, les analogies s’arrêtent là, encore que l’on puisse peut-être admettre que, suivant son illustre modèle qui, de Londres, poursuivit, Pétain de sa vindicte haineuse, Villepin qui a aussi son ennemi juré, se positionne sur un créneau résolument anti-sarkozyste. Mais Villepin n’est pas De Gaulle. Tout au plus l’imitation de son ombre, pour le plus grand bonheur des caricaturistes de presse. Si le second avait les œuvres de Chateaubriand pour livres de chevet, le premier s’identifie ridiculement à lui en en pastichant le style, quand il ne singe pas de Nerval en adoptant une gravité comique. De là, des envolées lyriques enfiévrées et une écriture aussi improvisée que boursouflée, mêlant indifféremment et étrangement néo-classicisme et pompier baroque. Alors que la pensée du général De Gaulle était le fruit mûri d’un syncrétisme politique (Barrès, Péguy, Maurras, Michelet, Bainville), celle de Villepin puise dans ce que le journaliste Maurice Szafran dénommait un bonapartisme chiraquisé.

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