01 mars 2010

Un prophète. Par Hubert Champrun

affiche-1.jpgJacques Audiard a réussi un film limpide qui transcende le film de prison. Son film se réduit-il d’ailleurs à un genre ? Au-delà de l’anecdote, Un prophète renoue surtout avec les années 70, dans la liberté de ton et le goût de l’individu. Jacques Audiard nous avait habitués aux destins individuels qui basculent. De battre mon cœur s’est arrêté ou Sur mes lèvres étaient deux films maîtrisés qui racontaient l’éclosion improbable de deux êtres brusquement révélés à eux-mêmes et saisissant leur chance : à un moment, leur vie deviennent un parcours initiatique, ils le sentent et s’engagent, avec rage et confiance, dans des épreuves au sens obscur dont ils attendent la libération, le bien-être. Un prophète radicalise le propos en nous proposant l’histoire de Malik, jeune délinquant analphabète, ou presque, dont on ne sait rien (alors que les autres héros avaient été soigneusement installés dans leur cadre) sinon qu’il n’a pas l’air bien fin.

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