31 mai 2010

Où sont les féministes ?

Lynchages, tabassages pour une cigarette, « happy slapping », agressions sexuelles diverses et variées, insultes, menaces… la nouvelle barbarie urbaine s’est peu à peu tellement banalisée –notamment du fait de sa « massification » - que l’on finit presque par lire le récit de ses expressions quotidiennes avec une certaine indifférence voir un certain ennui blasé. La rubrique « faits divers », par la monotonie de sa crapulerie sordide, finit par nous tomber des mains.
Notre capacité d’empathie, notre aptitude à percevoir des individus en chair et en os, des êtres souffrants, derrière la première lettre des prénoms de victimes semblent désormais grandement entamée par la répétition inlassable des mêmes scénarios tragiques.

« Entrainée dans une cave et violée collectivement », « frappée au sol par plusieurs individus », « battue puis poignardé », « abusée sexuellement devant les yeux de son petit ami », «torturée tout une nuit et filmé »… ces mots imprimés et inlassablement reproduits finissent par se détacher de leur objet concret pour ne former qu’une sorte de brouhaha de l’horreur qui glisse sur nous comme un murmure lointain et étranger. Tant que nous n’y sommes pas directement et charnellement confrontés, cette violence extrême peine à trouver en nous l’écho de colère et de révolte que son intolérable abjection devrait normalement susciter.

Seule, parfois, l’irruption d’images prises sur le vif d’une agression parvient à nous sortir quelque peu de notre cotonneuse léthargie en nous laissant apercevoir concrètement une bribe de cette réalité vécue au quotidien par nombre de nos compatriotes.
Ce fut le cas lors de la diffusion des images de la ratonnade dont a été victime le jeune étudiant masochiste de sciences-po qui fût le seul à ne pas entendre les injures racistes anti-blanches proférées par ses agresseurs. C’est aujourd’hui à nouveau le cas avec la vidéo de cette  agression bestiale et gratuite d’une jeune fille en Seine Saint-denis, vidéo enregistrée par l’un des protagonistes rigolards tellement sûr de son impunité qu’il la diffusée sur sa page web « facebook ».

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09:51 Publié dans le Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |