03 mai 2011

N°42 Editorial

Sarkozy, saison 5 et dernière

La vague Marine a emporté les dernières illusions de la majorité. L’UMP ne ressemble plus qu’à une armée mexicaine en déroute. Fillon va à gauche, Copé à droite, Borloo au centre. On en déduit que le sarkozysme va nulle part. Juppé se tire des balles dans le pied, Villepin leur tire des balles dans le dos. Qui s’en plaindra ? Pas nous, mais quelle chute libre ! En 2007, Sarkozy donnait l’impression de marcher sur l’eau. Aujourd’hui, il se noie dans le pédiluve. Et nulle âme charitable pour le sauver. Il va de débat en débat comme on va de Charybde en Scylla. Quo non descendam ? Jusqu’où ne descendra-t-il pas ? Tous ses copains du CAC40 peuvent se raccrocher à des parachutes dorés, mais pas lui : il coule à pic. On n’attend plus que le bruit du plouf pour publier l’avis de décès et refermer la parenthèse du sarkozysme comme on a refermé avant elle celle du giscardisme.

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06 février 2011

N°41 Editorial

Tant qu’il y aura des bulles

Chaque civilisation a développé sa forme propre, laquelle nous en dit beaucoup sur la façon dont les hommes conçoivent le monde. Les Egyptiens avaient les pyramides, les Romains les aqueducs et les arcs de triomphe, les Arabes les figures géométriques. Nous, on a les bulles et leur création de valeur virtuelle. Ça gonfle et puis ça fait pschitt, du Coca-Cola au chewing-gum, en passant par l’immobilier et même la BD. C’est comme un phénomène contagieux, bulle spéculative, bulle Internet, bulle législative, bulle migratoire, bulle climatique, etc., etc. Tout est dans tout et la bulle est partout, jusque dans l’obésité, bulle calorique cette fois-ci.

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24 novembre 2010

N°40 Editorial

 

Quand je serai grand, je serai retraité

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10 septembre 2010

N°39 Editorial

Le cinoche sécuritaire de Sarko

Qui n’a vu cet été le remake de L’Inspecteur Harry avec Sarkozy dans le rôle d’Harry Callahan immortalisé au cinéma par Clint Eastwood ? Impossible d’y échapper tant la superproduction présidentielle était à l’affiche partout, avec le petit Nicolas pointant vaillamment son « Magnum » – la glace au chocolat-pistache, pas le .357 de Dirty Harry – sur les « gens du voyage ». Un nanar comme on n’en fait plus depuis Le gendarme de Saint-Tropez. Jolie distribution : la doublure élyséenne de Christian Clavier en « premier flic de France » et Brice Hortefeux en Jean Lefebvre, ma foi convaincant, sorte d’agent de la circulation de l’espace Schengen.

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10 juillet 2010

N°38 Editorial

Au début des années 90, Nelson Mandela et Frederik de Klerk avaient aboli l’apartheid en Afrique du Sud. Ironie de l’histoire, c’est dans ce même pays que, vingt ans plus tard, Ribéry, Abidal et Anelka l’ont restauré, du moins dans les vestiaires de l’équipe de France. Alors, il ne faisait pas bon d’être blanc, sexy, intelligent… et mécréant (au sens islamique du terme), car ce n’est pas tant haro sur le Breton que l’on a joué dans ce huis clos grandguignolesque que sus aux « jambon-beurre ». Domenech avait pourtant pris soin d’écarter les Franco-maghrébins. Trop Ben Laden’s boys, les Ben zema, Nasri, Ben Arfa (des gens qui savent au moins jouer au foot et, pour le petit dernier, qui a de l’or dans les pieds, mais beaucoup trop de plomb dans la tête pour en tirer quelque chose). Erreur. Le problème est venu des convertis. Les Franco maghrébins se sont contentés de saccager le stade Charléty, de brûler des voitures et de supporter la sélection algérienne. Rien de nouveau. Des trois convertis à l’islam que comporte cette équipe, Anelka est le plus anodin. Son narcissisme est un produit de masse parmi la jeunesse, dorée ou non. Il pourrait brailler avec le rappeur Booba ou n’importe quel trader : « J’encule le système français, je suis expatrié.

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30 avril 2010

N°37 Editorial

Si Zemmour n’existait pas, il faudrait l’inventer


Il y a 2 500 ans, Diogène cherchait un homme sur les places d’Athènes avec une lanterne, en plein soleil de midi, car le philosophe hirsute était un provocateur. Nous, on cherche un brave dans les médias. On n’a trouvé que Zemmour. On ne va pas le lâcher comme ça. L’espèce est rare, très rare, tant prévaut de nos jours ce « déclin du courage » diagnostiqué par Soljénitsyne dans son célèbre discours de Harvard, « peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui ». C’était en 1978. Les choses se sont depuis aggravées.

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26 février 2010

N°36 Editorial : Gagner un procès c’est bien, mais…

Le Choc du mois a bien failli disparaître. Ça n’a tenu qu’à un fil. Ou plutôt à une décision de justice qui a donné tort au Choc, quinzomadaire, comme on dit en gloubi-boulga, propriété du groupe Hachette-Filipacchi et de sa société éditrice qui nous attaquaient. Sur quoi ? Sur le titre Le Choc du mois, rien de moins. Une querelle en droit de propriété, de ces querelles qui font rapidement grimper les frais d’avocat et vous saignent une trésorerie en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire.

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01 janvier 2010

Qui sommes-nous encore ?

Qu’est-ce qu’une nation ? Les Français ont tranché depuis longtemps. Au moins depuis Re­nan. Ce n’est pas seulement le droit du sang, sans quoi l’Alsace serait allemande. Ni la seule langue française, sans quoi Wallons et Afri­cains de l’Ouest feraient partie de la famille. Ce n’est pas non plus le catholicisme, depuis les lettres patentes de Louis XVI. Encore moins une communauté d’intérêts, sinon entreprises et autres regroupements en constitueraient le socle formel. Non, Renan dit : une nation est « une âme, un principe spirituel ». Elle est fondée sur « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs et le consentement actuel, le désir de vivre en­semble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis ».

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