04 mai 2010
Sympa : Adèle Blanc-sec
Luc Besson revient à un cinéma décomplexé, façon Cinquième élément, qui ne louche ni vers la recette bas-de-gamme (From Paris with love) ni vers la boursouflure épique (Jeanne d’Arc). Son Adèle a de lointains et heureux rapports avec la bande dessinée de Tardi, qui subit ici plusieurs outrages : nettement moins anarchiste que l’original, et donc vidée de son venin gauchiste crétin (même si la critique de la troisième République était un délice), plus jeune, et donc moins désabusée (Louise Bourgoin est parfois à la limite de la justesse, notamment dans sa voix), plus fofolle, et donc moins cohérente. Sur ce dernier aspect, Luc Besson ne peut s’empêcher de brasser son grand bric-à-brac personnel, mais il le fait avec l’ingénuité d’un auteur de feuilleton 1900, ce qui est bon pour le moral. Au final, son Adèle ressemble plus à du Tintin (nombreux clins d’œil) revu et corrigé par du Charlier 1960, avec quelques touches de Sfar : un bel hommage à la bande dessinée d’aventure mais pas un grand film. Restent d’excellents moments (la décapitation du bourreau !) et une belle galerie de têtes de genre, aussi réussies que les trognes de Tardi.
Hubert Champrun
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