03 mai 2011

N°42 - Dossier Gay

L’écrivain Pierre Gripari disait des homos qu’ils sont de gauche et des pédés qu’ils sont de droite. C’était il y a plus de vingt ans. Ce temps-là semble révolu.
Aujourd’hui, il y a surtout des gays. L’américanisation a fait des ravages, ici plus qu’ailleurs. A gauche, on a généralement l’homosexualité ostentatoire ; à droite, discrète – même si les choses sont en train d’évoluer avec l’émergence d’un « vote gay » populiste. Tout change. Les homosexuels n’ont jamais été aussi peu inquiétés, qui s’en plaindra, mais l’homosexualité n’a jamais autant été mise en exergue. Or, on ne connaît pas de société qui ait fait de l’amour entre hommes la norme, sauf à consentir à sa propre disparition. C’est pourtant ce à quoi nous exhortent les plus radicaux des gays. Du délit d’homophobie à la demande d’homoparentalité, c’est trop souvent un statut d’exception qui est ainsi recherché. Au nom de l’égalité des droits ! Mais ce faisant, on se soustrait au régime commun de l’humanité : le mariage d’Adam et Eve, pour le meilleur et pour le pire, selon la formule consacrée. Aux dernières nouvelles, l’homme n’est pas à lui seul l’avenir de l’homme.


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N°42 - Dossier Marine Le Pen

Les cantonales ont été comme un coup de tonnerre. Le premier de toute une série ? Souhaitons-le. L’abstention, on connaissait ; Marine, on découvre. Mieux qu’une vague, une déferlante. Peu d’élus, certes, mais déjà un statut de grande dame. Et une stature de présidentiable. L’extrême droite est morte ? Vive le populisme !

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N°42 - Extraits du bloc notes

Casse-toi, pauv'conne !
Ça fait toujours plaisir de l’apprendre : je suis un « gros con ». Je dois cette découverte à une certaine Sophia Aram ou Ashram, peut-être Abraham, qui l’a martelé ce matin sur France Intox, la radio des bobos, des trotskos et des néocons, mais pas des gros cons, on l’aura compris. Qui sont-ils ces pachydermes affligés de maladie neurodégénérative ? Eh bien, ce sont les gars de la Marine, les électeurs du Front, moi assurément, vous peut-être. Ah, que le système est bien fait. Ce sont les clowns qui assurent désormais la police de la pensée. Ils se recrutent en priorité parmi les chroniqueurs de France Inter, les Stéphane Guillon, les Didier Porte et maintenant les Sophia Aram. Ce sont les chiens de garde du système, ils ont une fonction canine d’approbation (ou de désapprobation) tapageuse. Leur laisse a beau avoir du jeu, elle n’en reste pas moins une laisse. Moyennant quoi, ils ont le col pelé, comme dans la fable du loup et du chien. La seule différence avec La Fontaine, c’est que, désormais, ils n’ont pas le triomphe modeste. En plus de nous faire la leçon, ils nous marchent dessus.

 

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06 février 2011

Cocaïne

Les sectateurs acharnés de la démocratisation tous azimuts et de l’égalitarisme généralisé peuvent se réjouir : jadis drogue des élites politiques, des rock stars écorchées vives et des traders épuisés par leurs gesticulations boursières, la cocaïne est en passe de devenir le stupéfiant de monsieur tout le monde, la came du citoyen lambda, le passeport pour la défonce de tout un chacun.
C’est au milieu des années 2000 que la poudre blanche a glissé des mains des nantis à paillettes pour se répandre dans l’ensemble de la société et dans la plupart des secteurs professionnels, tout particulièrement le BTP, la restauration ou le commerce, souvent à titre de stimulant (1).

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24 novembre 2010

N°40 Interdit aux catholiques et aux animaux

La presse qui adopte si volontiers la posture de gardienne de la morale publique prend facilement et sans retenue le ton du procureur dès qu’il s’agit de l’Eglise catholique. De la messe en latin au célibat des prêtres, du préservatif à l’affaire Williamson, du scandale des prêtres pédophiles à l’argent du Vatican, tout est bon pour nourrir un anticatholicisme obsessionnel.

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N°40 Le politique est-il soluble dans le temps ?

 

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N°40 Vers un Big Bang géopolitique

Entretien avec Hervé Juvin

Hervé Juvin n’est pas qu’un économiste, ni uniquement un essayiste, non plus seulement le président d’Eurogroup Institute, il est encore et surtout un analyste incomparable, aussi lucide que courageux, du monde comme il ne va plus.
La crise – économique, systémique, anthropologique – que traverse l’Occident, ou plutôt les Occidents disloqués, a trouvé en lui l’un de ses interprètes les plus perspicaces. Il vient de publier chez Gallimard un essai sur « le renversement du monde », ce monde sur lequel on vivait et qui se retrouve la tête en bas. Décapant. Et très éclairant.

Le Choc du mois : Ce que vous appelez le « renversement du monde » tient d’abord selon vous à une sorte de pathologie de l’Occident qui serait devenu incapable de penser les dimensions du politique et de l’identité…

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23 novembre 2010

N°40 Succession au Front national : Une sortie par le haut ?

CET ARTICLE EST TIRE DU NUMERO 40 ACTUELLEMENT EN KIOSQUE

Gros temps sur le FN. Plutôt requinqué électoralement par le dernier scrutin régional, le navire amiral de la droite nationale n’en est pas moins sérieusement secoué ces derniers mois par les vagues plus ou moins désordonnées engendrées par la succession du vieux capitaine.

Si Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, les deux candidats à la relève, se tiennent (et encore) à un pacte de non-agression, au sein de leurs entourages respectifs, par contre, l’odeur du sang et la perspective des strapontins éveillent des vocations de Fouquier-Tinville de secrétariat départemental et l’on sent couteaux et lames de rasoirs déjà prêts à jaillir des poches. Diffamation, intimidation, épuration de sections, petites phrases, sous-entendus… si l’explosion n’a pas encore eu lieu, l’ambiance générale a une désagréable petite odeur de 1998 et ne peut qu’inquiéter au plus haut point tous les militants sincères et soucieux de l’avenir de ce mouvement qui, malgré ses défauts, reste le seul contrepoids d’envergure à la toute-puissance de l’UMPS.
Après les saignées mégrétistes, puis le départ houleux de Carl Lang et de ses amis, le Front national ne pourrait se relever d’une nouvelle guerre fratricide d’autant plus dramatique que celle-ci prendrait la forme d’une querelle des Anciens et des Modernes, alors que la collaboration et l’union des deux sont absolument indispensables à la consolidation et au renouveau d’un parti qui a justement pour vocation de défendre la Tradition au coeur de la Modernité.


Un Front à deux têtes ?


Ne devant ni s’enfermer dans une stérilisante posture muséale, ni s’égarer dans une course éperdue à la respectabilité médiatique, le parti qui reste jusqu’en janvier prochain celui de Jean-Marie Le Pen, a besoin de trouver un équilibre entre la défense des fondamentaux qui font sa spécificité (lutte contre l’immigration, défense de la vie, refus du relativisme moral et du manichéisme historique) et l’adaptation aux débats et enjeux actuels (écologie, présence de l’islam en France, nouveau statut de la femme, évolution de la famille…). Un équilibre s’incarnant parfaitement dans la complémentarité des personnalités des deux candidats à la présidence du parti : expérience, envergure intellectuelle
et légitimité militante d’un côté ; aura médiatique, sens de la communication et légitimité populaire de l’autre. L’affrontement jusqu’au-boutiste, inévitablement meurtrier, de ces deux pôles est-il encore évitable ? Sans doute, si l’on garde à l’esprit que l’élection à la présidence du parti et l’investiture à la
candidature pour la présidence du pays sont deux choses différentes et deux démarches largement séparées. En effet, si la personnalité exceptionnelle de Jean-Marie Le Pen a imposé naturellement
durant trente ans la concomitance des deux, rien, statutairement, n’entérine cette automaticité. Un telle concentration des fonctions n’est d’ailleurs pas la règle dans la plupart des grands partis politiques européens où chef du parti et candidat sont souvent deux personnalités distinctes, les deux tâches n’exigeant pas les mêmes talents, ni les mêmes capacités.
A la tête du parti, il s’agit d’organiser et de structurer une communauté militante, de constituer et de nourrir un programme politique ambitieux et cohérent, de former des cadres et de veiller à leur rigueur intellectuelle et idéologique. Par contraste, lors d’une élection présidentielle, il faut « représenter » le parti, en être le porte-parole auprès des instances médiatiques et des masses sur-sollicitées qui ne réagissent plus qu’à des stimuli simples, pour ne pas dire simplistes, comme le nom ou l’image ; en bref, il faut séduire beaucoup plus que convaincre, dans une démarche qui s’apparente désormais bien plus à du marketing qu’à de la politique (on peut bien évidemment le regretter, mais c’est ainsi et il serait aveugle et vain de vouloir le nier).

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10 septembre 2010

Pathologie masturbatoire (et vice versa)

De Jung à Deleuze, beaucoup ont essayé de tuer Freud, l’inventeur de la psychanalyse ; nul n’y est parvenu. Michel Onfray, penseur en titre de la « bo-boïtude » néo-gauchiste et néo-libertaire de Saint-Germain des Prés, s’y est essayé à son tour, avec force soutiens médiatiques.

 

Là où Sartre – de son propre aveu – avait échoué, lui ne craignait pas de réussir. La corporation des psychanalystes sort à son tour ses revolvers de papier en cette rentrée des librairies, mais il n’est nullement besoin de connaître le contenu de leurs ripostes pour dresser un premier état des lieux.

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La mosaïque taurine

Géopolitique secrète du peuple toro

Le 28 juillet dernier, les parlementaires catalans ont voté par 68 voix contre 55 pour l’abolition de la corrida dite « espagnole » à partir du 1er janvier 2012. Un coup dur pour la tradition taurine, ont répété jusqu’à plus soif les animalistes à poils et à plumes, relayés par une classe médiatique ignorante. C’est le problème des journalistes parisiens qui écrivent vite sur ce qu’ils ne connaissent que de très loin. Pour eux, le monde se résume à une logique binaire : bien/mal, barbarie/civilisation, fasciste/humaniste.

Vus de Paris, les gentils animalistes catalans, en votant l’abolition de la corrida « espagnole », auraient fait pièce le 28 juillet dernier aux méchants promoteurs de la corrida. Il n’en est évidemment rien. Comme aurait dit Gabriel Fouquet, « maître du toreo des automobiles » dans Un Singe en Hiver d’Antoine Blondin : « Que ce soit la révolution ou la paella, dis-toi bien que rien de ce qui est espagnol n’est simple ».

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