21 mai 2011
DSK, petit journal d’une Chute
15 mai Incroyable histoire de DSK qui aurait agressé une femme de chambre au Sofitel de New-York, hier après-midi. La police l’a attrapé dans l’avion et l’a conduit au commissariat d’Harlem pour un interrogatoire. Le président du FMI ! En 2008 lors du scandale adultérin, des « proches sous couvert d’anonymat » prévoyaient dans Libération une chute liée à une affaire de sexe. Voilà qui est fait. Le type est dingue, tout le monde le sait. Paraît-il que ses communicants lui préparaient depuis quelques semaines « un petit atterrissage en douceur » en France. Raté !
16 mai Image de DSK menotté dans le dos...
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05 avril 2011
Voltaire à l’UMP
Avouons-le d’emblée, la scène, que tout internaute connaît d’ores et déjà par cœur, est sublime dans son genre. Voici Lefebvre assis à une table en train de dédicacer son livre à la vingtième journée du livre politique qui se tenait le 3 avril à l’Assemblée nationale. Un journaliste du Figaro armé d’une caméra lui demande quel est le livre qui l’a le plus marqué jusqu’à présent. « Sans doute, Zadig et Voltaire », répond Frédéric Lefebvre avant de décocher un petit sourire satisfait. Le c.... On imagine son communiquant personnel en train de s’arracher les cheveux. Depuis quelques semaines en effet, celui-ci essayait de redresser l’image désastreuse de l’ancien porte-parole du gouvernement qui, accumulant les bévues et les vulgarités, était en passe de devenir le symbole du nouvel homme politique de l’ère Sarkozy, inculte, arrogant, incompétent. Un livre (Le mieux est l’ami du bien) et une vidéo l’exhibant en intello à cheveux longs en train de taper trois lettres à son ordinateur allaient changer tout cela.
C’était sans compter les ressources du bonhomme. Lefebvre, et il faut lui en être reconnaissant, est la preuve vivante des limites de la communication. Vous pouvez maquiller un âne en pur-sang, il continuera à braire.
Certes, la réponse de notre intello est le pompon de la vidéo du Figaro. Le reste est pourtant tout aussi savoureux, et jette une petite lumière sur les nouvelles mœurs de notre classe politique. La même question est posée à Hervé Mariton, député de la drome. Il réfléchit avant de balancer Belle du Seigneur, le livre favori du chef, « un livre très épais mais très chaleureux ». Très épais mais très chaleureux… On se pince. En verve, il ajoute Un cœur simple de Flaubert, « un petit ouvrage très simple (pardi), très clair, très net, très efficace ». Deuxième question du journaliste : Quel livre êtes-vous en train de lire en ce moment ? Monsieur le député de la drome prend une mine inspirée et une voix précieuse d’écrivain du quartier latin qui rend la prestation encore plus ridicule. « Alors, quel livre est-ce que je suis en train de lire en ce moment… (silence)… bonne question… (silence)… je n’ai pas de livre en ce moment, ouvert, honte à moi ». Même question à Jean-Pierre Soisson, la vieille girouette que l’on croyait enterrée depuis longtemps. « Le dernier livre que j’ai lu qui ne soit pas de moi ? (à savourer sans modération, monsieur Soisson lit ses livres) je relis des grands classiques, je relis sans cesse Stendhal, des choses comme ça ». Traduction : je ne lis rien du tout et je m’en sors par une pirouette de bonimenteur. Même question à l’amoureux de Zadig et Voltaire. « J’en lis un en ce moment qui est passionnant, qui est le livre de l’intégrale des chansons de Gainsbourg ». Les chansons de Gainsbourg. Love on the beat. Les histoires de prout. Va savoir pourquoi, soudain on le croit.
Evidemment, le problème, c’est de savoir ce que l’on peut attendre d’un homme politique qui ne lit rien, qui est inculte comme un gamin de 5e, est qui est par conséquent incapable d’une analyse en profondeur des choses. Réponse : une politique à court terme, d’intérêt immédiat, de gestion comptable, d’efficacité pragmatique, sans aucune vision du monde, la politique de Sarkozy. Loin d’être anecdotique, cette vidéo nous plonge au cœur du désastre. Ce sera du reste aux historiens de l’avenir d’expliquer comment un pays comme la France (le pays de Zadig et Voltaire) a pu, en une génération, se doter d’un personnel politique d’une telle médiocrité.
Julien Jauffret
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10 février 2011
La sexualité du troisième âge
Emission, dimanche soir, sur la vie sexuelle des vieux. Je ne suis pas beaucoup versé dans les diableries mais s’il y a bien un sujet qui tendrait à prouver que le monde moderne est véritablement diabolique, c’est bien la vie sexuelle des vieux. Voici ce que l’on pouvait voir sur une chaîne publique de la télévision française en 2011. Une vieille dame de 77 ans avec sa fille en visite dans un sex-shop, se choisit un godemiché à dix vitesses pour vivre pleinement sa sexualité. Le vendeur à museau de porc montre un produit en forme de sexe : « celui-ci rencontre un grand succès chez les plus de soixante ans ». D’après lui, un quart de sa clientèle est constituée de cette classe d’âge. « Il faut briser les tabous, c’est ça être moderne », confie la vénérable dame. Une autre vieille, qui a pourtant des enfants et des petits-enfants, raconte qu’elle fait des piqûres sur la verge de son époux pour que celui-ci puisse l’honorer, ou plutôt la déshonorer dans ce cas précis. Le vieux, assis à côté d’elle, raconte, hilare, qu’après la première piqûre, il s’est senti renaître et l’a « honorée » sur l’évier de la salle de bains.
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03 février 2011
Un scoop pour commémorer les 50 ans de la mort de L.F. Céline !
Bébert n’était pas mort…
On le croyait mort depuis longtemps. Bébert, le chat de Céline, qui avait disparu à la mort de celui-ci et que tout le monde croyait également décédé, s’était réfugié dans une ferme du Sud de l’Argentine, où il coulait des jours tranquilles en compagnie d’autres Chalauds. La nouvelle a mis le gouvernement en émoi. Le ministre de la Culture a organisé une conférence de presse au cours de laquelle il a déclaré qu’il « assumerait ses responsabilités » face à un événement qu’il a qualifié de « tout simplement inouï ». Monsieur Mitterrand n’avait en effet jamais cru à la thèse d’un Bébert vivant et s’était même permis d’ironiser à plusieurs reprises sur la thèse dite du « Chat caché », développée dans les années quatre-vingt par des chercheurs du Centre Simon Wiesenthal. « Croyez-moi, si Bébert était vivant, on entendrait ses miaou », avait-il déclaré lors du dernier festival de Cannes.
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10 novembre 2010
Solidarité avec les sans papiers ?
Que l’immigration représente au mieux un sérieux problème, au pire un péril mortel pour notre pays, peu de lecteurs de ce blog en doute encore. Faut-il pour autant se réjouir des tentatives de l’UMP pour tenter, à l’Assemblée nationale, de restreindre l’accès à l’Aide Médicale d’Etat (AME), gratuite aux étrangers irréguliers vivant en France ? Je ne le crois pas.
Il y a tout d’abord la méthode. Il faut gagner moins de 600 euros pour bénéficier de l’AME. Entendre des porcs de députés UMP parler de « privilégiés » pour qualifier les bénéficiaires de ce système donnerait presque des envies d’aller défiler aux côtés d’Emmanuelle Béart (au hasard). Je ne suis pas nigaud pour autant et j’imagine très bien, ici comme ailleurs, les abus qu’un tel système peut occasionner. Peut-être même que certaines fripouilles se sont offertes des cures thermales sur nos impôts, comme le laissent entendre quelques députés qui ont pourtant hissé le parasitisme social au rang d’un art de vivre. Grand bien leur fasse. Ne soyons pas cyniques pour autant : la plupart des bénéficiaires de cette aide médicale sont des crève-la faim, des pauvres hères qui sans ce système ne se soignerait tout simplement pas.
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28 septembre 2010
Acte 1 scène 1, Julien Jauffret revient !
Chez un médecin en France vers 2025
(Petit dialogue en un acte et une scène
avec quelques indications scéniques)
Les personnages :
Le médecin
Le patient
L’infirmier
Acte unique, scène unique
(Le patient entre dans le cabinet médical et serre la main du médecin)
_ Bonjour docteur.
_ Bonjour monsieur. Asseyez-vous, je vous en prie.
(le patient s’assoie en face du médecin)
_ Vous ne vous souvenez pas de moi ?
_ Euh…
_ L’année dernière…
_ Oui ?
_ Je suis venu vous voir l’année dernière.
_ Certainement. Mais vous savez, j’ai beaucoup de…
_ C’était à propos de ma bouche.
_ Votre bouche ?
_ Elle disait des choses horribles.
_ Ah, j’y suis ! N’était-ce pas vous qui aviez déclaré lors d’un repas dominical qu’il y avait trop d’immigrés en France ?
_ C’est ça !
_ Quelle affaire ! je m’en rappelle très bien à présent. Votre beau-frère avait alerté les autorités et vous aviez écopé d’une injonction thérapeutique. Etes-vous guéri ?
_ Je vais beaucoup mieux, merci. J’ai suivi votre traitement. Je ferme ma gueule.
_ Fort bien. Et qu’est-ce qui vous amène aujourd’hui ?
_ Et bien voilà : j’ai un problème que je crois autrement plus grave…
_ Vraiment ? Je vous écoute.
_ Seulement, j’ai un peu honte…
_ Allons, allons, cela ne sortira pas de ce cabinet, vous le savez bien.
_ Très bien. Alors je vous le dis tout net : mes yeux sont racistes.
_ Diable. Avez-vous conscience de ce que vous dites ?
_ Hélas, oui. Et croyez-moi, je pèse mes mots. Mes yeux sont racistes, c’est un fait, je ne peux plus leur faire confiance. Je désirerais donc en changer. Combien coûtent de nouveaux yeux ?
_ Doucement, doucement, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Dites-moi d’abord ce qui vous permet d’affirmer une chose aussi grave qui, par parenthèse, pourrait vous attirer de gros ennuis…
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11 juin 2010
Nostalgies révolutionnaires
Du parasitisme social. Grâce à quelques journalistes exerçant encore proprement leur métier, nous autres galériens du chaos qu’ils ont crée pour nous, avons parfois des nouvelles de ceux d’en haut, édifiantes. Appartements de fonction pour loger sa famille, HLM volés aux pauvres, prébendes diverses pour servir les copains ou réfréner une ambition concurrente, le fonctionnement de l’Etat transpire de plus en plus le désir ardent de servir la communauté, comme on le voit. Le cas de Christine Boutin est emblématique. Quatre collaborateurs, un secrétariat à disposition, une voiture avec chauffeur et 9500 euros par mois pour un rapport sur les conséquences sociales de la mondialisation écrit par une dinde de bénitier ne lisant pas l’anglais ; même en Afrique, ils n’oseraient pas. Le plus exquis, c’est que madame la députée touche sa retraite par-dessus le marché. Et quelle retraite ! 6000 euros d’ex parlementaire (ya bon régime spécial), plus 2000 euros d’ex conseillère générale des Yvelines. Total : 17 500 euros de revenus mensuels. La République est généreuse. Ou dit autrement : les Français sont vraiment des cons. Il fallait la voir ramer l’autre soir, la main encore dégoulinante de confiture, sur Canal +, face à un Jean-Michel Apathie remonté. On aurait dit une aristocrate arrogante et outrée, vers 1788. Les Français d’alors n’ont pas eu raison sur tout, loin de là, mais reconnaissons-leur quand même une certaine efficacité dans le traitement du parasitisme social. Et tout cela en conservant les vieilles manières françaises. Avec les compliments du docteur Guillotin, chère madame.
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03 juin 2010
La guerre qui lasse
Ça y est, c’est reparti. Depuis l’arraisonnement de la « flottille humanitaire » par Tsahal, c’est l’effervescence dans les banlieues. Mohamed et sa bande de copains, qui sur une carte situeraient probablement Gaza au milieu de l’Amazonie, ressortent leur keffieh et leurs petits cailloux. Les Juifs institutionnels français, eux, se scandalisent d’un tel soutien grégaire des banlieues musulmanes à la Palestine, ce qui ne les empêcheraient pas de trouver un argument solide pour défendre le petit pays chéri si celui-ci balançait une bombe atomique sur Ramallah. Avoir une opinion sur le conflit israélo-palestinien, en tant que Français, devient de plus en plus compliqué, les positions respectives étant tellement communautarisées qu’elles en deviennent illisibles. Et puis n’oublions pas que nous sommes tous nés avec ce conflit et que nous mourrons tous avec lui. Il y a un moment où tout lasse, même les pires saloperies. L’autre soir à Roissy, il y avait deux camps qui attendaient le retour des « humanitaires français » de la flottille. L’un criait « Israël vaincra ! » L’autre « Dieu est grand ! ». Tout ça est très joli. Mais que faire lorsque on ne pense pas que Dieu soit forcément grand et que l’on n’est pas absolument convaincu qu’Israël vaincra ? On compte les points ? Chiche. Mais faisons un vrai match alors, du genre biblique, pas un truc de fiottes qui se provoquent par-dessus l’épaule des CRS. Déposons tout ce beau monde dans un désert, délimitons deux camps bien nets et distribuons les grenades. Il paraît qu’on est trop nombreux sur la planète.
Julien Jauffret
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17 mai 2010
Les enfants ou la mort !
Je fais partie de cette race d’aigris qui ne porte pas aux enfants une affection débordante, surtout en cette époque liquide où les pères se sentent à tout bout de champs obligés de faire des insupportables et publiques papouilles à des petits monstres mal élevés qui tentent d’imposer leur loi au monde entier, et où les mères s’extasient (d’une extase ignoblement sexuelle) à la moindre bêtise prononcée par un galopin à qui on prédit la carrière d’Einstein... ou de Morandini. Il y a même une nouvelle mode qui consiste à trimbaler les petits morveux dans les restaurants le soir et à les laisser brailler de fatigue pendant des heures, ou se rouler par terre, au préjudice de ceux qui voudraient passer un moment calme et tranquille. Les parents qui laissent ainsi leurs enfants pourrir la vie des autres sont généralement des parents « cool » (certains font encore du skate), la coolitude étant une manière de vivre tellement sympa qu’elle a définitivement réglé le problème de la vie en société en édictant une loi sacro-sainte que les bobo suivent à la lettre : je ne vis strictement et exclusivement que pour ma gueule et tant pis pour les autres. Bref, je n’aime pas beaucoup les enfants, à part les miens, que je considère comme brillement élevés, malins, promis à la carrière d’Einstein (ou au déshéritement), aimables, mignons comme tout, et qui sont évidemment aussi mal élevés et insupportables que les autres ! Mais j’ai pour moi de ne pas les emmener au restaurant le soir et de réserver mes moments de régression pathétique (aboyer à quatre pattes pour faire rire la petite) à la sphère stricte du privé, et encore, avec un sentiment de honte à chaque aboiement.
Samedi dernier, 15 mai, pourtant, ils m’ont manqué, ces horribles petits gniards, et leurs parents-bobos à trottinette aussi ! Ce jour-là, sur le canal Saint-Martin à Paris, qui est leur royaume depuis que Delanoé a décidé d’en rendre piétons les quais les dimanche et jours fériés, se tenait la première « fête des non-parents », les Childfree, qui nous viennent des Etats-Unis via la Belgique. De la simple nuisance bobo, on est soudain passé à l’épouvante !
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27 avril 2010
L’étau se resserre
La force des préjugés. L’historien Ernst Nolte avait naguère déclenché un beau tollé en évoquant des « causes objectives » susceptibles d’expliquer l’antisémitisme des Allemands et l’arrivée au pouvoir d’Hitler. Dans ce domaine, comme Sartre l’avait notamment théorisé dans La question juive, la doxa d’après-guerre était en effet de ne considérer l’antisémitisme que du seul point de vue des antisémites : un délire haineux qui, prenant sa source dans le christianisme, le socialisme ou le racisme, se suffit à lui-même et ne constitue en aucun cas la réaction d’un peuple au comportement jugé scandaleux d’un autre peuple. Parler de « causes objectives » de l’antisémitisme conférait soudain un « noyau rationnel » à ce que l’on tenait pour fondamentalement irrationnel. Les Juifs devenaient, dans une certaine mesure, comptables de l’antisémitisme qu’ils suscitaient dans les sociétés où ils étaient installés. C’est la même problématique qui est aujourd’hui à l’œuvre concernant l’immigration, dont le rejet par une part grandissante de Français n’est analysé que du point de vue psychologique de ces Français.
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