23 novembre 2010
N°40 Succession au Front national : Une sortie par le haut ?
CET ARTICLE EST TIRE DU NUMERO 40 ACTUELLEMENT EN KIOSQUE
Gros temps sur le FN. Plutôt requinqué électoralement par le dernier scrutin régional, le navire amiral de la droite nationale n’en est pas moins sérieusement secoué ces derniers mois par les vagues plus ou moins désordonnées engendrées par la succession du vieux capitaine.
Si Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, les deux candidats à la relève, se tiennent (et encore) à un pacte de non-agression, au sein de leurs entourages respectifs, par contre, l’odeur du sang et la perspective des strapontins éveillent des vocations de Fouquier-Tinville de secrétariat départemental et l’on sent couteaux et lames de rasoirs déjà prêts à jaillir des poches. Diffamation, intimidation, épuration de sections, petites phrases, sous-entendus… si l’explosion n’a pas encore eu lieu, l’ambiance générale a une désagréable petite odeur de 1998 et ne peut qu’inquiéter au plus haut point tous les militants sincères et soucieux de l’avenir de ce mouvement qui, malgré ses défauts, reste le seul contrepoids d’envergure à la toute-puissance de l’UMPS.
Après les saignées mégrétistes, puis le départ houleux de Carl Lang et de ses amis, le Front national ne pourrait se relever d’une nouvelle guerre fratricide d’autant plus dramatique que celle-ci prendrait la forme d’une querelle des Anciens et des Modernes, alors que la collaboration et l’union des deux sont absolument indispensables à la consolidation et au renouveau d’un parti qui a justement pour vocation de défendre la Tradition au coeur de la Modernité.
Un Front à deux têtes ?
Ne devant ni s’enfermer dans une stérilisante posture muséale, ni s’égarer dans une course éperdue à la respectabilité médiatique, le parti qui reste jusqu’en janvier prochain celui de Jean-Marie Le Pen, a besoin de trouver un équilibre entre la défense des fondamentaux qui font sa spécificité (lutte contre l’immigration, défense de la vie, refus du relativisme moral et du manichéisme historique) et l’adaptation aux débats et enjeux actuels (écologie, présence de l’islam en France, nouveau statut de la femme, évolution de la famille…). Un équilibre s’incarnant parfaitement dans la complémentarité des personnalités des deux candidats à la présidence du parti : expérience, envergure intellectuelle
et légitimité militante d’un côté ; aura médiatique, sens de la communication et légitimité populaire de l’autre. L’affrontement jusqu’au-boutiste, inévitablement meurtrier, de ces deux pôles est-il encore évitable ? Sans doute, si l’on garde à l’esprit que l’élection à la présidence du parti et l’investiture à la
candidature pour la présidence du pays sont deux choses différentes et deux démarches largement séparées. En effet, si la personnalité exceptionnelle de Jean-Marie Le Pen a imposé naturellement
durant trente ans la concomitance des deux, rien, statutairement, n’entérine cette automaticité. Un telle concentration des fonctions n’est d’ailleurs pas la règle dans la plupart des grands partis politiques européens où chef du parti et candidat sont souvent deux personnalités distinctes, les deux tâches n’exigeant pas les mêmes talents, ni les mêmes capacités.
A la tête du parti, il s’agit d’organiser et de structurer une communauté militante, de constituer et de nourrir un programme politique ambitieux et cohérent, de former des cadres et de veiller à leur rigueur intellectuelle et idéologique. Par contraste, lors d’une élection présidentielle, il faut « représenter » le parti, en être le porte-parole auprès des instances médiatiques et des masses sur-sollicitées qui ne réagissent plus qu’à des stimuli simples, pour ne pas dire simplistes, comme le nom ou l’image ; en bref, il faut séduire beaucoup plus que convaincre, dans une démarche qui s’apparente désormais bien plus à du marketing qu’à de la politique (on peut bien évidemment le regretter, mais c’est ainsi et il serait aveugle et vain de vouloir le nier).
A chacun son rôle
« Ce ne sont pas aux médias du système de choisir le candidat du Front national », affirment légitimement certains. Certes, mais lorsque l’on n’a pas les moyens de changer les règles d’un jeu auquel on veut à toute force participer, ne vaut-il pas mieux s’y adapter et chercher à les retourner à son avantage ? Car, plus que le « candidat », le point crucial n’est-il pas que les médias ne choisissent pas le « programme » du Front National ? Un candidat « médiatique » s’appuyant sur un appareil
rigoureusement tenu et organisé par un vrai politique solidement ancré sur le socle historique du mouvement national permettrait ainsi de couper l’herbe sous le pied des histrions médiacrâtes qui confondent contenant et contenu. « Et en cas de victoire ? », s’interrogeront peut-être les plus optimistes. Dans cette hypothèse, à moins d’avoir un goût prononcé pour l’omnipotence compulsive d’une présidence à la Nicolas Sarkozy, la répartition des rôles peut être sensiblement la même que lors de la campagne : un président qui représente, incarne, oriente et un premier ministre qui gouverne et réforme. Mais ceci, bien sûr, est une autre histoire… dont la potentialité sera tuée dans l’oeuf si les ambitions personnelles des uns et des autres prennent, une fois encore, le pas sur l’intérêt général.
XAVIER EMAN
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Commentaires
Le front national a la chance d'avoir deux candidats qui ont l'un et l'autre des qualités complémentaires.Pour structurer le parti,rassembler les membres du parti et protéger les valeurs fondamentales,je suis convaincu que Gollnsch est le meilleur.Etant donné lprésence médiatique de Marine Le Pen,qui l'a fait connaitre de tous les électeurs,je pense que Marine sera la meilleure candidate pour l'élection présidentielle
Écrit par : henri Roques | 23 novembre 2010
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