10 novembre 2010

Solidarité avec les sans papiers ?

Que l’immigration représente au mieux un sérieux problème, au pire un péril mortel pour notre pays, peu de lecteurs de ce blog en doute encore. Faut-il pour autant se réjouir des tentatives  de l’UMP pour tenter, à l’Assemblée nationale, de restreindre l’accès à l’Aide Médicale d’Etat (AME), gratuite aux étrangers irréguliers vivant en France ? Je ne le crois pas.
Il y a tout d’abord la méthode. Il faut gagner moins de 600 euros pour bénéficier de l’AME. Entendre des porcs de députés UMP parler de « privilégiés » pour qualifier les bénéficiaires de ce système donnerait presque des envies d’aller défiler aux côtés d’Emmanuelle Béart (au hasard). Je ne suis pas nigaud pour autant et j’imagine très bien, ici comme ailleurs, les abus qu’un tel système peut occasionner. Peut-être même que certaines fripouilles se sont offertes des cures thermales sur nos impôts, comme le laissent entendre quelques députés qui ont pourtant hissé le parasitisme social au rang d’un art de vivre. Grand bien leur fasse. Ne soyons pas cyniques pour autant : la plupart des bénéficiaires de cette aide médicale sont des crève-la faim, des pauvres hères qui sans ce système ne se soignerait tout simplement pas.

L’argument de Claude Goasguen, maire du seizième arrondissement de Paris s’il vous plaît, et initiateur de cette rigueur appliquée aux plus faibles, est de pointer le fait, scandaleux en effet, qu’il vaut mieux être « sans papiers » que Français pauvre, pour bénéficier de soins gratuits en France. Mais une bonne réponse à cette anomalie aurait été de proposer une sorte d’AME universelle, autrement dit la gratuité des soins pour les plus pauvres de nos compatriotes. Goasguen préfère niveler par le bas, ôter le peu qu’ont certains au regard de ceux qui n’ont rien, en voyant dans les rustines sociales des « privilèges », pourtant dérisoires en terme de budget, que lui et les siens refusent dorénavant de payer. Nous nous y trompons pas, ce n’est pas de politique nationale dont il s’agit. C’est tout juste une politique anti-pauvres. C’est l’égoïsme des riches érigé en système. Monsieur Goasguen se fout tout autant du prolo français que du « sans papier ». Tout ce qu’il veut, c’est qu’on ne touche pas à ses impôts, qu’on le laisse tranquille avec tout ça, que les riches puissent continuer à être de plus en plus riches, et que les pauvres se débrouillent avec leur misère.
Ne plus offrir l’opportunité à un sans papier de se soigner est une aberration, tous les médecins des pauvres le savent. L’un d’eux, dans le Canard enchaîné du 10 novembre, explique avec bon sens qu’une tuberculose non soignée, c’est la dissémination assurée dans le métro, dans la rue, au travail… Et qui choperait en premier, cette phtisie, à votre avis ? Pas Gloasguen, vous pouvez me croire. Un étranger en France doit être soigné, qu’il soit légal ou illégal. C’est une question de bon sens tout autant que de morale. Et ça n’empêche pas de militer pour une politique anti-immigration. Fermons les frontières, renvoyons dans leur pays ceux que nous ne voulons pas, mais ne laissons pas crever ceux qui restent. C’est tout. Vous verrez que face à la barbarie libérale, ce seront les nationaux qui, dans quelques années, défendront les droits des étrangers…

16:10 Publié dans la semaine de Julien Jauffret, le Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note |

Commentaires

Pour les avoir assez fréquenté ,j'affirme que la catégorie des crétins à front bas et nuque épaisse est sur-représentée dans les milieux "nationalistes". Toujours prompts à se faire cocufier en criant facilement haro sur le nègre ,le bougnoule ou plus rarement sur le youpin (ce dernier bénéficiant souvent de l'aura d'Israël grand massacreur de bicots) tout en faisant l'impasse sur les véritables responsables de leurs malheurs ,ces andouilles sont les copies conformes des gauchistes qu'ils prétendent combattre : chez eux nulle mise en cause du mercantilisme tout puissant source de tous les maux. Leurs motivations ne sont que personnelles et égoïstes. Elles ont pour origine les déboires financiers et sociaux intimes restreignant leur capacité à consommer. Aussi ,je redoute qu'un tel texte ,frappé du sceau du bon sens et de la simple décence ,ne demeure inaccessible à la compréhension des vikings pagnolesques formant les gros bataillons du "nationalisme français et européen". Electeurs de Sarkozy en 2007 ,le discours de Goasguen a tout pour leur plaire.

Écrit par : ROSSEL | 11 novembre 2010

Répondre à ce commentaire

Ne plus offrir l’opportunité à un sans papier de se soigner est une aberration, tous les médecins des pauvres le savent. L’un d’eux, dans le Canard enchaîné du 10 novembre, explique avec bon sens qu’une tuberculose non soignée, c’est la dissémination assurée dans le métro, dans la rue, au travail… Et qui choperait en premier, cette phtisie, à votre avis ? Pas Gloasguen, vous pouvez me croire. Un étranger en France doit être soigné, qu’il soit légal ou illégal. C’est une question de bon sens tout autant que de morale. Et ça n’empêche pas de militer pour une politique anti-immigration. Fermons les frontières, renvoyons dans leur pays ceux que nous ne voulons pas, mais ne laissons pas crever ceux qui restent. C’est tout. Vous verrez que face à la barbarie libérale, ce seront les nationaux qui, dans quelques années, défendront les droits des étrangers…

Écrit par : ugg boots verkauf | 18 novembre 2010

Goasguen en Doriot sioniste :

http://www.youtube.com/watch?v=QjSStoht7EM
http://www.youtube.com/watch?v=Y9Ym3R-IXHk&feature=related

No comments !!!

Écrit par : Philiaeuropa | 03 décembre 2010

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire