03 juin 2010

La guerre qui lasse

Ça y est, c’est reparti. Depuis l’arraisonnement de la « flottille humanitaire » par Tsahal, c’est l’effervescence dans les banlieues. Mohamed et sa bande de copains, qui sur une carte situeraient probablement Gaza au milieu de l’Amazonie, ressortent leur keffieh et leurs petits cailloux. Les Juifs institutionnels français, eux, se scandalisent d’un tel soutien grégaire des banlieues musulmanes à la Palestine, ce qui ne les empêcheraient pas de trouver un argument solide pour défendre le petit pays chéri si celui-ci balançait une bombe atomique sur Ramallah. Avoir une opinion sur le conflit israélo-palestinien, en tant que Français, devient de plus en plus compliqué, les positions respectives étant tellement communautarisées qu’elles en deviennent illisibles. Et puis n’oublions pas que nous sommes tous nés avec ce conflit et que nous mourrons tous avec lui. Il y a un moment où tout lasse, même les pires saloperies. L’autre soir à Roissy, il y avait deux camps qui attendaient le retour des « humanitaires français » de la flottille. L’un criait « Israël vaincra ! » L’autre « Dieu est grand ! ». Tout ça est très joli. Mais que faire lorsque on ne pense pas que Dieu soit forcément grand et que l’on n’est pas absolument convaincu qu’Israël vaincra ? On compte les points ? Chiche. Mais faisons un vrai match alors, du genre biblique, pas un truc de fiottes qui se provoquent par-dessus l’épaule des CRS. Déposons tout ce beau monde dans un désert, délimitons deux camps bien nets et distribuons les grenades. Il paraît qu’on est trop nombreux sur la planète.

Julien Jauffret

11:21 Publié dans la semaine de Julien Jauffret | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |

Écrire un commentaire