08 avril 2010

Tartuffe rebelle

J'ai assisté, ce week-end, à un petit festival, à Peillac, dans le Morbihan. Il s'agissait d'une série de concerts, sur trois jours, organisés pour soutenir un rade associatif, le Café de la Pente, installé dans un beau bâtiment à Rochefort-en-Terre. Ce bistrot, qui abrite aussi le siège de plusieurs associations, est assez connu en Bretagne, du moins au sein du tissu associatif, parmi les « alternatifs » et autres rebelles subventionnés de tout poil, anars plus ou moins militants, fumeux, foireux et loqueteux de la région. Ils sont certes sympas, mais ça ne pisse pas bien loin.

Il y avait donc des groupes marrants, sur scène, ce week-end-là : Wenn & Maïon, deux minettes de Quimper qui passent leur temps à parler de bière et de cul (des Bretonnes, quoi), Rue d'la Gouaille, des Nantais pêchus et frais (et pas trop donneurs de leçon, pour une fois, contrairement aux odieux gauchos de La Fée du Zinc, d'une pénible suffisance), et quelques instrumentistes celtisants de haut niveau (Hélène Bouvet).
Bref. Tout ça — le concert, les groupes et le public, la cause défendue —  pouvait donner une bonne impression du milieu associatif, de sa façon d'être, de ses motivations et de ses formidables incohérences. Car enfin, ici aussi bien que chez les richards du XVIe, on reste entre bourgeois, à patauger dans un conformisme et une hypocrisie assez fabuleuses ; quand un connard du calibre du chanteur de La Fée du Zinc ânonne un pauvre « Ré-vo-lu-tion » dans sa chanson, il vous fait moins vibrer qu'un hareng pommes à l'huile — et surtout il donne la juste mesure de la qualité de l' « engagement » dont lui et ses semblables sont capables : une pose. De la figuration, pour s'acheter une bonne conscience, se la péter, se croire important. C'est pitoyable. Anticapitalistes qui font du bizness, écolos qui roulent en diesel et achètent des bananes à Pâques (eh oui, la fameuse banane bretonne, vous ne connaissiez pas ?), anarchistes qui vivent des subsides de l'État, pacifistes fielleux et bilieux qui se croient ouverts et tolérants et qui commencet chaque phrase par « Alors ça, je déteste... », faux rebelles mais vrais bourgeois, — un beau ramassis de branleurs et de profiteurs, de victimes assistées, de faux culs, un véritable petit condensé de tartufferie. Cours, camarade, les Assedic vont fermer !

Alex

19:19 Publié dans l'Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |

Commentaires

Bravo, bien vu ! J'ai une baraque secondaire à une vingtaine de kilomètres de Rochefort-en-Terre et c'est dire que je suis allé quelques fois à ce Café de la Pente. C'est exactement ce que j'ai ressenti !!! J'ajouterai que, par exemple lors de la Bogue à Redon chaque fin octobre, c'est pareil. On s'amuse très bien, il y a de très bons musiciens, contous, mentous, etc... mais il y a toujours un parfum (sic) de gauchardise antédiluvienne qui traîne !

Écrit par : sagwarum | 10 avril 2010

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