27 février 2010
Le délire rationnel d’un foutriquet parmi tant d’autres
La stupidité libérale, on la subit depuis assez longtemps pour commencer à savoir à peu près à quoi ça ressemble. Cela n’empêche pas de vibrants connards de venir régulièrement nous en remettre une couche, dans quelque organe de propagande officiel à la con, genre Le Point, Nouvel Obs’, C dans l’air ou je ne sais quelle autre merde à la Goebbels (le strass et la coke en plus). Or donc, par exemple, chez les « extrême-centristes » (ah ah ah !) de Marianne, on a laissé s’exprimer un clampin nommé Philippe Manière, pour prêcher le bonne parole libérale au bon peuple.
Cette publication n’est pas toute fraîche, je m’en excuse : ça date du 20 septembre 2008. Cela étant dit, c’est d’actualité, et ça rejoint (et corrobore) merveilleusement tout ce que les culs-bénits libéraux nous rabâchent à longueur de temps (des lopettes à la Marc Touati, Jacques Marseille ou Nicolas Baverez). Déjà, le titre du méfait : « Le capitalisme, le bien, le mal… ». Rien que ça. Voici comment ce penseur, ce puissant philosophe qui a tout si bien compris des temps modernes, du bien et mal, nous explique la vie : « La vérité, c’est que le capitalisme (comme la finance, qui n’en est que sa manifestation la plus brutale et la plus accomplie) a des rapports très particuliers avec le vice et la vertu. Le vice est son moteur, la vertu, son résultat à long terme — mais au prix d’inévitables excès sanctionnés par d’inévitables crises. Dans le fond, rien ne résume mieux la nature du capitalisme que cette observation fondatrice d’Adam Smith au début de sa Richesse des nations : " Ce n’est pas de la générosité du boucher ou du brasseur que nous attendons notre morceau de viande ou notre pinte de bière, mais de leur égoïsme et de leur âpreté au gain. " Chaque agent travaille, produit, investit, innove avec l’espoir de s’enrichir, d’améliorer son sort personnel. Pour autant, le concours de cette multitude d’énergies égoïstes, et d’autant plus puissantes et créatrices qu’elles sont égoïstes, débouche paradoxalement à long terme sur une extraordinaire amélioration de notre condition collective. Les bienfaits de l’économie de marché sont massifs — qu’on mesure le progrès accompli en trois cents ans, ou même simplement en cinquante ans ! —, mais ils constituent une conséquence non désirée de l’action individuelle de chacun, motivée par l’appât du gain. Ce n’est pas joli-joli, dirait Thierry Roland, mais… ça marche du feu de Dieu. »
Voilà. Voilà !... Que dire ?... Eh bien ma foi, je ne sais pas trop. Certes, il serait facile par exemple de relever la fabuleuse indigence qui consiste à penser que tous les individus n’agissent que par pur et simple « appât du gain ». Je pourrais aussi, juste histoire de rigoler, signaler la bêtise pachydermique qu’il faut pour penser que, de la lutte permanente des égoïsmes individuels, résulte « une extraordinaire amélioration de notre condition collective ». Je pourrais encore, mais vraiment par pure frivolité, m’attarder sur l’effarante grossièreté mentale qu’il faut pour caractériser l’histoire des trois cents dernières années (ou celle des cinquante dernières, on s’en fout) par des « bienfaits massifs ». Enfin, il serait trop facile et presque méchant de se foutre de la gueule de Manière à cause de la fantastique référence à Thierry Roland qui lui sert à illustrer sa glose. Aussi ne le ferai-je pas ; je préfère croire, plutôt, que cet extrait se suffit à lui-même : il me semble en effet qu’il a suffisamment de vertu pédagogique, explicative et illustrative par lui-même pour qu’il soit nécessaire d’y ajouter le moindre commentaire, auquel cas je prendrais au surplus le risque de sombrer dans l’insulte, ce qui serait témoigner un peu plus de considération à ce guignol qu’il n’en mérite vraiment ; et encore est-il, par-dessus le marché (que connaît si bien notre Fifi !), assez sympa de ma part d’avoir offert ainsi quelque publicité aux admirables fulgurances de cet auguste jean-foutre, fût-ce à son corps défendant, pour en faire malgré lui (quoique…) une sorte d’improbable exemple de ce que notre époque peut générer de plus ridicule comme vivante illustration de l’aberration, de la corruption et de la subversion modernes.
Alex
13:03 Publié dans l'Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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