01 février 2010
Naissance d’un nouveau parti
Ni droite, ni gauche : Identitaires
Les 17 et 18 octobre derniers, se tenait à Orange (Vaucluse) la 3e convention nationale du Bloc Identitaire. Un franc succès. Le Choc du mois était du déplacement.
Orange. Le mistral se déchaîne et siffle à travers les rues presque désertes. Un volet mal attaché claque au rythme des bourrasques. Ambiance western. On s’attendrait presque à voir rouler des broussailles au travers de la chaussée et à entendre quelques notes d’Ennio Morricone.
Des hordes de crânes rasés ivres de haine et de bière vont-elles déferler sur la petite ville du Vaucluse comme l’ont annoncé les associations « citoyennes », qui, au nom de la démocratie, ont demandé à la préfecture l’interdiction de la Convention Identitaire ? Non. C’est en sweat-shirt à capuche ou un béret vissé sur la tête, une chanson provençale aux lèvres, que se présente la « bête immonde » tant redoutée.
En ces temps de délitement du militantisme, réunir, sans relais médiatiques grand public, plus de 600 personnes, majoritairement de jeunes adultes, pour deux journées de débats, de tables rondes et de conférences, est déjà en soi une réussite. C’est ce qu’a accompli le Bloc Identitaire pour sa 3e convention destinée à transformer un mouvement jusqu’alors spécialisé dans l’agit-prop et l’action associative en véritable parti politique qui sera présent aux prochaines élections régionales, notamment en Alsace, PACA et Languedoc-Roussillon.
Revendiquant un populisme anti-libéral, localiste, écologiste et enraciné, le Bloc veut s’inspirer de l’exemple de la Ligue du Nord qui, en Italie, est parvenue en quelques années à devenir un parti de gouvernement sans renier ses convictions farouchement régionalistes et anti-migratoires.
On peut toutefois se demander si les cadres du Bloc, au premier rang desquels on trouve son dynamique président Fabrice Robert, ont pleinement conscience des particularités historiques et socio-économiques, difficilement transposables en France, qui expliquent une grande partie du succès transalpin de la « Lega ». Tout comme on peut également s’interroger sur la compatibilité des positions résolument sociales du Bloc avec celles, nettement plus « libérales », du Vlaams Belang flamand ou de l’UDC suisse, deux autres des partenaires européens de ce week-end.
Mais au-delà de ces questionnements bien naturels s’agissant d’un mouvement récent qui construit progressivement sa doctrine, c’est à la naissance d’une véritable « nouvelle offre » politique que nous avons assisté dans le fief de Jacques Bompard. Offre « identitaire, sociale et écologique » qui ne cherche pas à « concurrencer » le Front national, mais souhaite occuper, notamment par le biais de son post-nationalisme, de son refus de l’occidentalisme et de son positionnement localiste, un espace nouveau, né de la désaffection grandissante pour les partis traditionnels.
Cet « espace » est-il suffisant pour espérer de notables suc?cès électoraux ? A court terme, cela paraît difficile. A moyen terme, c’est envisageable, à condition que le Bloc Identitaire ne sacrifie pas dans sa démarche la spécificité et l’originalité de ses méthodes.
Xavier Eman
Trois questions à Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire
Quel bilan tirez-vous de cette 3e convention nationale ?
Un bilan positif. Comment pourrait-il en être autrement au vu du résultat ? 600 personnes, une jeunesse impressionnante, des débats de qualité, et un retour médiatique exceptionnel pour un mouvement aussi neuf. Mais nous gardons la tête froide. Il nous reste encore beaucoup de travail à fournir, notamment pour mettre en adéquation notre capital sympathie avec notre impact militant.
Gardez-vous à l’esprit un « moment fort » ?
Le banquet du samedi soir avec cette formidable convivialité et le sentiment d’avoir réussi à créer une véritable communauté militante, positive, enthousiaste et déterminée à s’engager au service de notre identité.
En décidant de prendre le chemin des élections, ne craignez-vous pas de devenir « un parti comme les autres » ?
Devenir un « parti comme un autre », ce serait ne s’occuper que des élections et ne penser qu’à ça. Or, ce n’est ni notre but ni notre état d’esprit. Un exemple : dès la fin de la Convention, alors que d’autres seraient allés se reposer, nous avons lancé l‘affaire Lauvergeon/Areva1. Pas pour « faire des voix », mais pour mettre la pression sur cette entreprise. En seulement trois jours, AREVA a croulé sous les appels et nous avons bouleversé leur fonctionnement. Autre conséquence : un passage en direct dans « les Grandes Gueules de RMC » qui nous a permis de dénoncer le racisme anti-blanc devant un large public.
1 Anne Lauvergeon, présidente d’AREVA, a déclaré : « A compétence égale, eh bien, désolé, on choisira la femme, ou on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc, pour être clair » (en français dans le texte).
13:27 Publié dans le Choc le mensuel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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